Ce billet est la suite du billet Les mots qui fâchent (1) : la linguistique des métiers du web.

Traditionnellement, la production web se divise en deux grandes branches : le design d’une part, et le développement de l’autre.
À la fin des années 90, une voie du milieu a fait son apparition : l’intégration.
Au début, on ne parlait pas d’intégrateur ni d’intégration, d’ailleurs, mais plutôt de « monteur HTML » ou de « webmaster ». Puis on a commencé à parler d’« intégrateur HTML », voyant qu’émanait un poste à part entière, qui ne relevait plus de la contribution mais bien des techniques de mise en page.
En effet, devant le constat que ces mutants ne maniaient pas seulement le HTML au quotidien, mais également CSS et JavaScript, qu’ils acquéraient des compétences en accessibilité, en performance web et en référencement, et que leur position privilégiée, à mi-chemin du design et du développement, leur donnait un rôle de plus en plus stratégique, le titre d'« intégrateur web » était une sorte de syncrétisme lexical pour souligner leur polyvalence. Intégrer plusieurs choses ensemble au sein d'un tout plus grand.
Les spécifications de HTML5 et de CSS3, l’adoption massive du web design « responsive » et l'émergence des web apps a encore multiplié les compétences nécessaires pour effectuer le métier d’intégrateur web, et on a pu observer depuis quelques années le début d’une spécialisation au sein même de ce nouveau métier.
Au moins trois spécialisations
L'intégration web est le domaine par excellence du mouton à cinq pattes.
Pour un intitulé de poste similaire, on peut constater de grands écarts entre les attributions de chaque poste d'inté, d'une entreprise à une autre.1
La polyvalence est au cœur du métier d’intégrateur : c’est précisément là où le bât blesse. Qui dit poste polyvalent dit parfois « poste fourre-tout », « poste généraliste ». Or, le métier d’intégrateur recoupe des expertises et des spécialisations précises.
Peut-être est-ce la méconnaissance de celles-ci qui explique la confusion généralisée autour de ce métier, confusion qui a elle-même contribué à la bataille linguistique dont il souffre depuis quelques années ?
Je ne vais pas redéfinir le métier d’intégrateur web maintenant, car il y a déjà une littérature abondante sur le sujet, notamment chez Les Intégristes (ici ou là par exemple).
Je citerai quand même Olivier :
Derrière [le] titre [d'intégrateur web] on peut trouver de tout et n’importe quoi : un ninja JS, un monteur d’email, un intégriste de l’accessibilité, un graphiste refoulé, un mec qui se demande ce qu’il fout là etc. (…) un intégrateur ne peut pas être un gourou dans chaque domaine. Alors il se cherche, s’oriente vers ce qui lui parle le plus et monte en compétence pour se spécialiser sur un domaine.
Le terme « intégrateur » peut ainsi recouvrir des profils très variés.
Aujourd’hui, je distingue trois courants principaux, qui ont pourtant des attributions communes – notamment le rôle de conseil, le devoir de veille et l’optimisation des performances, bien que celles-ci prennent des proportions variables d’un poste et d’un profil à l’autre – :
- « l'intégration-maquettage »,
- « l'intégration-développement »,
- et « l'intégration-design ».
Je m'explique :
- « L'intégration-maquettage » voit les intégrateurs créer des maquettes web entièrement statiques à l’aide de HTML, CSS et JavaScript. Ils ne sont pas responsables de la dynamisation des données au sein des interfaces qu'ils produisent, parce qu’ils ne maîtrisent généralement pas de langage de programmation : cette tâche revient aux développeurs (back-end, front-end ou full stack). Le soin que les « intégrateurs-maquettistes » apportent à la sémantique, à l’accessibilité, à l’ergonomie, au raffinement graphique et à l’efficacité du code en fait des spécialistes essentiels à la qualité d’un projet web. L’intégrateur-maquettiste fournit un travail à la croisée de plusieurs domaines au sein d’un même projet. Mais il possède en général une ou deux spécialités qui empêchent de le considérer comme un profil généraliste.
- « L'intégration-développement », aussi appelé « développement front-end », se situe au carrefour de l'intégration-maquettage et de l'ingéniérie (développement, build, optimisation). Actuellement, ce profil est souvent compris comme relevant uniquement de l’expertise JavaScript. Or, cela recouvre avant tout une production à l'aide d'un ou de plusieurs langages de programmation. Capables d’un niveau de complexité supplémentaire en terme d’interfaçage dynamique, les développeurs front-end sont des intégrateurs-développeurs au solide bagage technique. Ce bagage peut les amener à intervenir en production, soit pour effectuer les releases ou pour intervenir niveau serveur, à la façon d’un administrateur système que les plus petites agences ne possèdent pas encore. Les développeurs front-end sont souvent :
- d’anciens intégrateurs qui ont décidé d’apprendre un langage de programmation (JavaScript ou autre), ou bien de se spécialiser en développement de thèmes ;
- des développeurs polyvalents ayant toujours eu le cul entre le front et le back, que l’on pourrait appeler « développeurs full stack » (même si certains questionnent aujourd’hui la pertinence de cette appellation – décidément !) ;
- mais également des développeurs 100% back repentis, qui, grâce à leur goût pour le JavaScript (encore lui !), pensent savoir faire du front, même si, dans les faits, on s’aperçoit qu’ils ont pas mal de lacunes en matière de HTML, de CSS, de qualité et d’accessibilité. J'y reviendrai dans un instant.
- Enfin, « l'intégration-design » (front-end design) : les « intégrateurs-designers » sont des professionnels autant à l’aise en intégration qu’en design. Ils sont capables de créer des maquettes graphiques et de les intégrer (a minima, de façon statique, mais certain savent les dynamiser à l'aide d'un CMS). Ces intégrateurs-là sont souvent amenés à décliner une charte graphique web pour créer de nouvelles pages, des interactions manquantes ou bien pour rendre un site responsive. Ils peuvent aussi concevoir des interfaces directement dans le navigateur, grâce à un prototypage applicatif. Enfin, ils sont aussi parfois capable de créer une charte web « from scratch » pour de petits projets web, de produire des wireframes et maquettes graphiques adéquats et de justifier leurs choix devant le client. Cette spécialisation-là de l'intégration recoupe design, ergonomie et intégration-maquettage. Elle sera l'objet de mon prochain billet.
Ces trois courants ne sont pas exclusifs ni étanches, voyez-les simplement comme de grandes tendances.
Un intégrateur n'est pas forcément que intégrateur-maquettiste, que intégrateur-développeur, ou que intégrateur-designer.
Dans les faits, il existe sans doute des intégrateurs qui savent à la fois produire de la charte graphique et utiliser React, d'autres qui sont au taquet sur l'accessibilité tout en intégrant directement des maquettes graphiques dans un CMS, et ainsi de suite.
Intégrateur ou développeur ?
Il est intéressant de noter qu’avec le temps et la prédominance de l’anglais dans le vocabulaire technique du web, le mot « intégrateur » a commencé à soulever des résistances.
Certains l'ont même abandonné à tout jamais, prétextant parfois que c’est une spécificité française qui n'a pas de raison d'être, au profit du terme « développeur front-end », hérité de l’anglais « front-end web developer », par opposition au terme « back-end web developer ».
Or, « développeur front-end » n'est pas juste la nouvelle expression à la mode pour dire « intégrateur web » : le développeur front-end est un profil très technique, un expert de la dynamisation de l’interface côté client ou « guichet ». Ce n’est pas la même chose qu'un intégrateur.
Dans son billet, STPo esquisse quelques-uns des contours du développeur front-end : MVC, tests unitaires, tests d'intégration, single page applications, Backbone, Ember, Angular, React, Underscore, NodeJS, Local Storage, Web Sockets, App Cache…
Parmi un échantillon d’offres d’emploi récentes, on trouve aussi Haml, Slim, Jade, Gulp, Grunt, Maven, Jenkins, Vagrant, SonarQube, ou encore MongoDB comme prérequis.
Un intégrateur ne maîtrise pas tout ça. Il n’a pas besoin de maîtriser tout ça.
Sans doute qu’un intégrateur-développeur féru de programmation maîtrise quelques-uns de ces outils et de ces langages ; mais je doute que quiconque les maîtrise tous.2
Notons au passage que les offres d’emploi pour les profils d’intégrateurs et de développeurs front-end se multiplient comme des Gremlins et deviennent de plus en plus délirantes au fil des mois : ce poste est devenu stratégique, il est donc très demandé, toutefois ses contours continuent à rester assez flous/fous, ainsi que les offres publiées. Comparez les offres d’emploi pour des postes d’intégrateur/développeurs front-end entre cinq entreprises différentes pour vous en convaincre.
Quoi qu’il en soit, un développeur front-end maîtrise au moins un langage de programmation sur le bout des doigts (il est véritablement développeur). Les technologies et outils cités plus haut permettent de distinguer, dans les grandes lignes, un intégrateur-développeur (développeur front-end) d’un intégrateur-maquettiste ou d’un intégrateur-designer (designer front-end).
Le dieu JavaScript
Profitons-en pour dégommer un mythe tenace : non, un intégrateur n’est pas systématiquement une brute en JavaScript.
Une connaissance basique de JavaScript est certes nécessaire pour exercer le métier d’intégrateur – il est concrètement impossible de s’en passer au quotidien, d’ailleurs même les nouveaux outils comme Grunt ou Bower l’utilisent –, mais nous sommes loin d’en être tous des experts.
Un intégrateur a, a minima, quelques bases en JS, et utilise souvent jQuery au quotidien, ce qui tombe plutôt bien car on lui en demande rarement plus.3
Dans tous les cas, il est erroné de réduire la diversité des profils d’intégrateurs au seul développement JavaScript.
C'est pourquoi l'expression « développeur front-end » décrit bien uniquement les « intégrateurs-développeurs », et non pas l’intégralité des intégrateurs web.
Par ailleurs, il est important de souligner que les intégrateurs web ont la sensation que le soin accordé aux standards, à la qualité et à l'accessibilité s'estompe progressivement au profit de JavaScript, nouveau dieu tout puissant, régnant en maître sur les interfaces web contemporaines (AngularJS, Ember, Backbone, etc).
Là où un développeur ne cillera pas forcément devant une interface vide si JavaScript est désactivé et que le code est exempt d’ARIA, l'intégrateur, lui, pleurera des larmes de sang, recroquevillé en position fœtale.
Se dessine ici une querelle entre généralistes et spécialistes : les développeurs front-end spécialisés en JavaScript sont vus comme les nouveaux messies, capables de produire des interfaces web qui ressemblent à des applis, dont l’aspect ludique et la dépendance à des librairies et à des frameworks flambant neufs vendent du rêve, là où les intégrateurs « ennuyeux », ardents défenseurs des standards et de l’accessibilité, rabâchent (souvent en vain) un discours en faveur de l’utilité, de la qualité et de la pérennité de ce qu’ils produisent, qu'ils considèrent comme plus importants que le dernier buzz word à la mode.
Tempérons un peu : certaines agences et certains développeurs front-end savent produire des interfaces full JS accessibles, oui ; mais elles restent très minoritaires. Pas besoin de vous rappeler le faible degré de considération accordé à l’accessibilité, n’est-ce pas ?
Au quotidien, nul besoin d'ailleurs de taper dans le JS intégral pour déceler le retard pris en matière d'accessibilité web, non seulement dans la formation des jeunes intégrateurs et développeurs, mais également chez les techniciens du web au sens large : alors qu’il est désormais possible de rendre accessible la plus coriace des interfaces développée intégralement en JavaScript, il suffit de voir le nombre de clics interceptés sur des éléments <a href="#">, ou, pire, sur des span ou des div pour se convaincre qu’on a encore du pain sur la planche.
1 + 1 = 3
L'un dans l'autre, j'ai parfois l'impression que seul JavaScript compte désormais. HTML et CSS peuvent bien aller se rhabiller, les apôtres du développement front-end nous assènent assez que ce ne sont pas de « vraies technos » de toute façon4 (comprendre : ce ne sont pas des langages de programmation). Tout cela contribue aux querelles de clocher qui sont, hélas, vieilles comme le web, et qui ne font pas franchement avancer le schmilblick.
Si j’étais cynique moi aussi, je dirais que le terme de « développeur front-end » est une aubaine pour certains développeurs back en mal de front, mais aussi pour certains « fronteux » qui ne jurent que par JavaScript, mais pour qui position: relative reste un mystère : cela leur permet de s’improviser « supers intégrateurs ».
L'inté c'est facile ! Nous aussi, on sait faire du responsive (avec tel plugin JS) ; nous aussi, on sait faire du front (avec HTML5 Boilerplate et Bootstrap). Comment ça, si j’ai pensé au no JS ? On s’en fiche que la page ne s’affiche pas sans JavaScript, personne n’utilise le web sans JavaScript. L’accessibilité ? Pfff, on s’en fiche aussi, les aveugles n’utiliseront pas ce site web, ils ne sont pas dans la cible. Au fait, dis-moi, il peut y avoir autre chose que des
td dans un tableau ? Et comment tu clear un float déjà ?
Voilà l’impression que l’on a parfois, en tant qu'intégrateurs : que la maîtrise de JavaScript, qui est certes une compétence très utile et très recherchée, serve d'excuse à une moindre maîtrise des langages HTML et CSS, et à un moindre respect de la qualité, inhérents au métier d'intégrateur.
Le fait de réduire le front au seul JavaScript est une erreur : or, puisque JavaScript est un langage de programmation, un développeur le maîtrisant peut penser qu’effectivement, lui aussi sait faire du front, puisque le full JS est à la mode.
Du reste, il n'est peut-être pas possible d'exiger d'un développeur front-end qu'il connaisse aussi bien la sémantique HTML, les subtilités de CSS, les critères d'accessibilité et l’intégration d’emails responsive qu'un intégrateur, de la même façon qu'il n'est peut-être pas possible d'exiger d'un intégrateur qu'il rêve en JavaScript natif, qu'il connaisse l'histoire d'ECMAScript sur le bout des doigts ou qu'il maîtrise plusieurs langages de programmation.
Raison de plus pour reconnaître la valeur intrinsèque de chaque profil, et pour voir les expertises des uns et des autres comme complémentaires. Pour l'avoir déjà expérimenté, je peux vous dire qu'un couple intégrateur + développeur front-end bien synchronisé, ça peut produire quelque chose de vraiment excellent !
1 + 1 = 3.
À tort et à travers
Malgré tout ça, l'emploi – erroné – de l’expression « développeur front-end » pour remplacer le titre « intégrateur web » s’est répandu comme une traînée de poudre.
À tel point que les deux termes sont aujourd'hui confondus et employés l'un pour l'autre, ce qui fait croître encore la difficulté qu'on a toujours eue de définir les métiers techniques du front.
Comment expliquer cet intervertissement ?
- Il peut s'agir de raisons commerciales : un profil de développeur permet de facturer davantage au client qu’un profil d’intégrateur. Le profil d’intégrateur est généralement vendu moins cher qu’un profil de développeur, et, en toute logique, le salaire de développeur est en général bien supérieur à celui d’un intégrateur. On comprend mieux soudain pourquoi d’anciens intégrateurs remplacent le titre honni par celui de « développeur » sur leur CV !
- Il peut aussi s'agir d’un manque de connaissance des différences entre les divers profils d’experts du web côté front. C'est le cas en particulier dans les boîtes construites historiquement sur le développement back, et auquel un pôle front s'est greffé au fil des années. Le pôle front est souvent plus petit que le pôle back, ce qui contribue symboliquement à le minorer et à le considérer naturellement comme étant moins important.
Quoi qu'il en soit, le terme « développeur front-end » est utilisé à tort et à travers. C'est en partie pour cela que je le rejette quand il s'agit de nommer mon métier.
Ouf, la conclusion !
L’intégrateur n’est pas forcément un développeur front-end, et le développeur front-end n'est pas forcément un intégrateur. Les deux titres ne sont pas synonymes, il s’agit bien de deux profils différents.
Puisque ces deux titres sont loin de faire l’unanimité, ils ne sont peut-être tout simplement pas les bons : préparons-nous d’ores et déjà à les voir évoluer encore.
En attendant, remplacer le terme « intégrateur web » par celui de « développeur front-end » est une erreur : cela dévalue non seulement l’intégration-maquettage et l’intégration-design, mais également l'intégration-développement (alias développement front-end).
Peut-être que vous-même, vous faites de l'intégration et du développement. Dans ce cas, pas de doute, le terme « développeur front-end » est sans doute plus à propos que celui d'« intégrateur », perçu (à raison ?) comme trop réducteur par rapport à l’étendue des compétences requises aujourd’hui par ce nouveau métier.
Mais dites-vous bien que tous les intégrateurs ne font pas forcément du développement comme vous : certains intégrateurs font uniquement de l'intégration-maquettage statique, tandis que d'autres font, en plus, du design.
Pour autant, leur travail a-t-il moins de valeur que le vôtre ?
Dans ce cas, quel intérêt de décrire ces intégrateurs-là comme « développeurs front-end » ?
Aucun.
C'est pourquoi je défends vivement l'utilisation du titre « intégrateur web », quitte à nager à contre-courant : on a encore besoin de lui, en attendant de trouver mieux.
Qu’un nouveau vocable émerge avec l’apparition d’un nouveau métier est naturel. Cela doit-il pour autant justifier l’annihilation des vocables afférents ?
Par exemple, notons que le métier de « webmaster » existe toujours, même si on l’a longtemps confondu avec le métier d’intégrateur, la confusion allant même jusqu’à entraîner l’utilisation d’un mot pour l’autre. Pourtant, il s’agit bien de deux métiers distincts.
On constate une fois de plus l’importance des mots, vecteurs de sens. À nous de les utiliser à bon escient.
Quant au profil d’« intégrateur-designer »/« designer-intégrateur »/designer front-end, qui est le mien, j'en parlerai dans mon prochain billet, pour conclure cette réflexion linguistico-tartinesque sur les mots qui fâchent.
Courage, c’est bientôt fini ! ;-)
- NB : même la définition que donne Wikipédia du métier d’intégrateur web est dans les choux. ↩
- NB : à ce sujet, il m’apparaît de plus en plus nettement qu’il est désormais impossible pour un seul individu de s’occuper de l’intégralité de la chaîne de production web. ↩
- Évidemment, il y aura toujours du monde pour dire que jQuery, c’est trop lourd et qu’il vaut mieux utiliser Vanilla JS ou bien Zepto… Tous les moyens sont bons pour valoriser son expertise et lustrer son blason par la même occasion. ↩
- À ce propos, lire l'excellent article de Romy Duhem-Verdière : Développeuse… euh, ça existe ?, qui met en exergue le mépris – et le sexisme – dont souffre les métiers du front au sens large, à tel point que bon nombre d'intégrateurs aujourd'hui ne veulent plus/n'osent plus se définir ainsi, préférant le terme de « développeur », connoté de façon plus positive dans la communauté. ↩
22 juillet 2015
Article intéressant.
Cela dit je ne suis pas vraiment d'accord avec le fait que nous avons (et aurons) forcément besoin d'un monteur HTML. Et ceci à moyen terme.
Depuis 2/3 ans, je n'ai travaillé avec aucun "psd" à "intégrer". J'ai bossé avec (ou sans designer) sur des (bout de) maquettes vectorielles que j'ai souvent directement transformé en JS/CSS. Je travaille certes sur des applications (et non pas du CMS etc). Je me considère que "UI/UX developer" car j'ai des (faibles) capacités en design, je fais attention à l'ergonomie/accessibilité et je "développe"...
Quand on voit l'importance que prennent des projets tel que React et qu'on voit qu'on peut faire du React côté serveur et côté client, on n'a plus besoin (et je pense vraiment qu'on va tendre vers ce type de développement) de passer par une case HTML statique. L'HTML n'est qu'une sorte de sérialisation du DOM qui n'est pas forcément nécessaire et qui le sera (selon moi) de moins en moins.
Même WordPress commence à intégrer React (pour l'instant dans l'admin, mais qui sait)... http://bethesignal.org/blog/2015/02/27/new-era-wordpress-hhvm-rest-react/
Tu dis que "l'intégration" est une sorte de spécificité française et ça ne m'étonne pas: dans un sens je trouve que "nous" (les français) sommes souvent en retard niveau façon de travailler le web/les apps...
Ayant bossé pas mal avec des équipes au USA (en remote) j'ai pu constater que nous n'avons jamais eu pas besoin d'intégrateurs.
La difficulté et l'étendu de notre poste fait que pour l'instant nous aurons toujours des "dev front" avec différentes spécialités.
Mais je ne pense pas que dire "on a encore besoin de lui [le monteur HTML], en attendant de trouver mieux." reste pertinent. Nous n'en aurons plus besoin d'ici peu. Et plus vite qu'on peut le penser à mon avis, pour se concentrer sur les profils design/dev.
22 juillet 2015
J'ai eu peu ou prou les mêmes réflexions dernièrement, également en échangeant avec des potes qui bossent aux US et qui étaient comme toi alarmistes sur l'avenir de l'intégrateur "à l'ancienne".
Honnêtement je me laisse 5 ans pour voir comment ça va évoluer avant de me faire mon opinion sur le sujet, parce que j'ai des réserves sur cette démonstration.
Je veux bien croire que si on passe ses journées à développer des apps, l'inté soit dispensable tant les outils clés en main finissent par se perfectionner et devenir suffisants pour ce besoin (Foundation, Semantic UI...). J'ai passé mon mois de juin sur un back-end d'app et j'ai quasiment tout fait avec Bootstrap, sans CSS personnalisées ou presque.
En revanche, je suis nettement plus sceptique quand on parle de com : un site vitrine chiadé sur mesure demande souvent une inté elle aussi sur mesure, et je ne vois pas bien encore comment les frameworks ou les vendeurs de thèmes pourraient remplacer ça.
22 juillet 2015
Je tient à ajouter un détail: quand je dis que je n'ai pas d'intégrateur, je ne veux pas dire que j'utilise des "frameworks" CSS.
Au non. Surement pas. Bootstrap & co je passe mon tour. Je code du CSS oui. Et j'aime bien oui.
Je n'utilise jamais de framework au sens global (et non React n'est pas un framework) mais plutôt de petites lib comme cssrecipes ou suitcss...
Je suis tout à fait à même de faire de l'intégration (je suis à l'origine un dev backend (C++/Java/PHP/MySQL...) qui a pris goût au frontend en faisant de "l'intégration" justement. Seulement voilà, l'intégration a rapidement des limites.
Pour les sites vitrines, comme le reste du web, on tendra rapidement vers de l'approche par composant. Je vois mon frère, je lui ai donné 3 tips pour faire un site wordpress avec des plugins, ils se dérouille très bien depuis et a des résutalts plutôt cool (après sous le capot je n'ai aucun recul sur la qualité). Mais je pense que l'approche composant va rendre obsolète le "montage" pur et simple.
23 juillet 2015
Tu veux dire que n’importe quel Moldu peut faire du front, et que c’est ça qui prouve que le métier d’inté va disparaître ? :->
Je rejoins STPo pour dire que l’amateurisme / le survol en matière de front passe peut-être sur des projets à faible valeur ajoutée, mais que pour des projets sur mesure (ce qui est souvent le cas quand on bosse en agence, comme moi), on aura besoin de spécialistes dont c’est le cœur de métier encore un bon moment.
23 juillet 2015
Nul doute que Bootstrap et compagnie ont déjà rendu et continuent à rendre bien service, notamment dans les équipes qui n’ont pas d’inté dédié, dans le cas où un projet ne nécessite pas ou très peu de personnalisations, ou encore dans le cas de projet où les charges sont serrées.
Je comprends aussi, derrière tout ça, le besoin de ne pas réinventer la roue à chaque fois : combien parmi nous se sont déjà lancés dans une ébauche de base de code réutilisable, ne serait-ce qu’en interne ?
Penser par « composants », de manière atomique, est une réelle avancée vers un code en théorie plus facile à maintenir et à faire évoluer.
En ce qui me concerne, j’interviens sur des projets où il y a quand même beaucoup de code custom à écrire, et ce même si désormais je ne crée plus de maquettes statiques et que je conçois le front directement avec PHP, côté CMS.
Donc, même si l’étape « inté statique » vient à disparaître, l’expertise spécifique des intégrateurs est encore et sera encore indispensable un bon bout de temps.
23 juillet 2015
Salut ! Merci pour tes commentaires.
Tu n’as pas forcément besoin d’être d’accord :) Cela fait plusieurs années maintenant qu’on nous annonce la mort du métier d’intégrateur ; dans les faits, il est encore là et il est encore nécessaire.
Après, je te rejoins sur le fait que les phases d’inté statiques vont sans doute se raréfier ; j’ai pu le constater dans mes boulots successifs depuis environ deux ans.
Cela conduit déjà à une plus grande polyvalence des profils front, néanmoins cela ne conduira pas forcément au fait que chaque « fronteux » saura faire la même chose que le voisin. Même si les intés actuels devront apprendre à réaliser du templating dynamique (je parle de ceux qui ne sauraient pas encore le faire, que je pense plus nombreux que ce qu’on imagine), non seulement ils s’adapteront, mais ils n’aborderont pas forcément cette tâche par le même angle d’un ancien développeur reconverti sur le front par exemple.
Bref, il y a une expertise qui est là et qui ne disparaîtra pas, même si l’intitulé ou la division du travail évolueront forcément.
À un moment il faut bien empiler les balises, non ? Qui décide de mettre un blockquote ou un h2 dans les process auxquels tu prends part ?
Quand tu dis , tu parles de HTML en tant que techno ou bien de la phase inté statique ? HTML en tant que techno a encore de beaux jours devant lui je pense.
22 juillet 2015
J'ai une question idiote, même si je trouve que tu fais un bon ménage.
Où cases-tu un développeur JS, et j'entends donc 100% JS qui ne bosse que sur le front. Je ne touche pas au HTML ni au CSS, ça ne fait pas partie de mon job, j'ai un "inté" qui se charge de ça. D'ailleurs je n'y connais rien et ton exemple sur "la position relative" est parfaite puisque effectivement, je me tromperais si j'essayais d'y répondre. Je ne touche pas au back, j'ai une équipe pour ça, je m'occupe exclusivement du développement JS front.
Je m'assure que, ce qu'on appelait avant RIA, fonctionne bien, résous les problèmes de perfs JS. Notre "inté" ne touche pas au JS, ce n'est pas son job non plus. Il ne fait que HTML et CSS.
Du coup, on se case où ?
Perso je le vois comme ça : il y a une fâcheuse tendance à croire que le JS est là pour faire des animations "badasses". Et c'est tout.
Node a failli réussir à faire comprendre que non, mais en fait ça n'a pas pris. Les gens continuent de faire le distinguo JS-back et JS-front. Back, c'est propre, c'est pro, c'est industriel et côté front, ça reste un truc pour amuser les pipo-marketeux. (je ne t'accuse de rien là hein, pas de confusion des genres, seulement les pipo-marketeux en général)
Il reste un vide "de nom" pour les dev, comme moi, qui sont de vrais développeurs mais qui font du front, qui apporte une vraie logique métier et un vrai côté industriel au JS sans pour autant toucher une minute à HTML/CSS ni au back.
Du coup, définitivement, je me trouve où ?
22 juillet 2015
La question est « Qui s'occupe du js d'animation/positionement dans ton équipe ? ».
Dans ta description tu dis que l'intégrateur-maquetteur ne fais pas de js. Et que toi tu ne saurai pas le sens de
position:relative;. Du coup j'ai l'impression qu'il manque une compétence dans votre équipe ou que vous la comblez par un travail de binome coude à coude.Ou alors tu travail sur un site (webapp ou RIA) où le js n'a pour place que la gestion de l'interaction. Du coup ton poste répond à un besoin particulier.
Pour moi tu es un développeur JS mais avec un profil plus spécialisé.
23 juillet 2015
C'est simple : on n'utilise pas d'animation. C'est une position "un peu" extrême, mais les animations sont là pour amuser la galerie et faire plaisir aux marketeux. Pour les trucs de base, genre spinner et cie, pas besoin de compétences, juste d'un jQuery ou équivalent.
Par exemple toute la téléphonie vers l'extérieur se fait en WebRTC, pas besoin d'une partie serveur. Un téléphone, web ou pas, ainsi que les interfaces pro qui leur correspondent n'ont surtout pas besoin d'animations. Pourtant faut être bien à fond dans le JS. Voilà le genre de choses que je fais.
23 juillet 2015
Hello ! Merci pour ton commentaire. Je ne trouve pas ta question idiote :)
Alors déjà, je ne cherche à caser personne, mon objectif était juste de dessiner de grandes tendances. J’ai clairement dit qu’il y aurait du monde qui ne se retrouverait pas dans les trois profils théoriques que j’ai identifiés, tu en es la preuve :)
Je ne sais pas si c’est vraiment nécessaire de te ranger dans une case en fait ; tu as un profil spécifique, comme tant d’autres, et c’est super ! Maintenant, le fait que tu touches ta bille en JS sans bien connaître l'intégration te rapproche plus d’un développeur que d’un intégrateur, clairement.
Un dev front ne touche pas forcément au back, hein ; encore une fois, ces titres sont assez artificiels puisque les attributions qui y sont associées dépendent d’une entreprise à une autre, d’un individu à un autre.
Ne rentrer dans aucune case est plutôt bon signe.
Je comprends ta réaction, et si j’ai pu caricaturer un peu l’approche de certains ex-back qui ne voient que le front pour « s’amuser », c’était uniquement pour souligner le fait que le côté « fun » prend parfois le pas sur l’efficacité, aux dépends de la qualité, de l’accessibilité, mais aussi des charges et/ou des perfs, et que ça ne fait jamais de bien au projet.
Que le front soit vu comme un truc pour amuser la galerie, oui, c’est une réaction que l’on trouve encore malheureusement chez certains devs purs et durs qui pensent que le front est « facile », et que ça ne relève pas « de vraies technos ». J’en parle d’ailleurs dans mon article.
C’est un peu comme les matheux qui pensent que les littéraires sont des branques. Ce genre de clichés, on les trouve partout.
Il faut vraiment vivre dans une caverne depuis quelques années déjà pour ne pas avoir réalisé que le front constitue le plus gros défi stratégique actuel, d’autant plus que c’est ce que l’utilisateur final voit, a contrario du back.
Personne ne viendra chercher des poux dans le code d’un dev back, parce que tout le monde s’en cogne. En revanche, si la moindre pétouille ne fonctionne pas bien en front, ça peut tourner à la panique générale. C’est donc loin d’être évident, que l’on soit versé dans le HTML/CSS/jQuery ou dans le JS pur et dur.
L’importance des perfs pour le web mobile est un bon exemple de problématique qu’on ne résoudra qu’en bossant main dans la main côté client et côté serveur. Bosser ensemble sans a prioris et respecter le boulot des autres = simplicité et efficacité :)
22 juillet 2015
Wikipedia n'est pas dans les choux, il définit juste le métier d'intégrateur de projets Web, au sens "Management de Projet", un métier que tu nommerais plutôt "Chef de projet", j'imagine. Tu trouveras certainement une définition plus "juste" sur le portail des métier du Web : http://www.metiers.internet.gouv.fr/metier/integrateur-web
Ceci étant, comme dans beaucoup (tous ?) de métiers du service, il n'y a pas deux intégrateurs qui font le même job. Même en les classant dans 3 catégories, je pourrais encore te faire sortir des nuances sur l'intégrateur-maquettage qui est capable de partir from scratch par rapport à celui qui excelle dans la correction de tickets, ou encore celui qui adore la mise en conformité avec d'anciens navigateurs ou clients mails mais qui, du coup, n'a pas toujours le temps d'exploiter les dernières possibilités...
Bref, c'est vraiment une drôle de question que de vouloir nommer à tout prix une frange des travailleurs. C'est une des raisons pour laquelle, personnellement, j'utilise le jardon de "développeur Front-End". Ce n'est pas une insulte envers la personne, au contraire, c'est une invitation que je fais à mon interlocuteur pour qu'il découvre véritablement le profil professionnel de cette personne plutôt que de la ranger dans une case et de lui attribuer des savoirs-faire qui ne reflètent pas la réalité. D'ailleurs, en général, je ne me contente pas de nommer son poste, je présente véritblement son profil technique.
Ce débat sans fin m'échappe un peu car paradoxalement, les intégrateurs n'ont pas l'air de se soucier de parler de "développeurs Back-End" alors que là encore, il existe une quantité incroyable de profils différents. J'ai l'impression les développeurs ne sont pas aussi tatillons sur la façon dont on nomme leur job (j'ai bien sûr quelques exceptions de personnes souhaitant absolument voir figurer "Expert" ou "Architecte" dans leur intitulé de poste, mais c'est souvent davantage par besoin de reconnaissance - souvent financière - que par véritable envie d'expliquer leur métier).
Enfin, la lecture de l'article me donne l'impression d'une gêne envers JavaScript que je trouve assez étrange, dans la mesure où il est autant un outil de transposition du design d'expérience que HTML ou CSS. Comme on disait sur le plateau de Canal+ : ce n'est pas sale, c'est le Web qui change.
23 juillet 2015
Salut Boris ! Merci pour ton intervention.
Ok, problème d’intitulé alors ! Comme quoi :)
On est d’accord.
Je sais, j’ai bien précisé dans mon billet que ce n’était que de grandes tendances qui ne reflétaient pas de façon universelle la réalité.
Je m’explique à ce sujet dans la première partie de mon billet. Je ne veux rien nommer du tout : le fait est qu’au quotidien, dans le monde du travail, on est déjà nommés et hiérarchisés. Je ne fais qu’interroger ces noms utilisés pour qualifier nos compétences, que l’on revendique nous-mêmes ou qu’on rejette.
Ce n’est pas moi qui ai inventé les titres utilisés aujourd’hui pour qualifier nos métiers ! ^.^
Ah ! Tu vois bien qu’il n’est pas possible de ne pas mettre un titre sur les compétences de tes interlocuteurs. ;-)
Mmm, dans les faits, qui prend véritablement le temps de « découvrir le profil professionnel » de chacun de nos interlocuteurs ? On sait bien qu’au sein d’une même équipe de professionnels donnés, qui portent tous le même titre, il y a des attributions communes, et les projets spécifiques attribués aux uns et aux autres en fonction de leurs degrés de compétences respectifs.
Il n’empêche que quand tu dis « développeur front-end », tu parles de profils très techniques, qui maîtrisent au moins un langage de programmation. Donc tu ne parles pas de deux autres profils, qui existent pourtant. C’est assez excluant.
Boris, quelle légitimité auraient le front à à tenter de théoriser quoi que ce soit côté back ? Soyons réalistes :)
C’est comme si un dev back pur et dur venait expliquer aux fronteux la vie… Ça n’a aucun sens.
En ce qui me concerne, je parle de ce que je connais et de ce que j’observe au quotidien depuis des années. Il ne me viendrait pas à l’idée de me lancer dans des élucubrations sur des métiers que je fréquente certes mais que je n’exerce pas et que je connais finalement assez mal.
Peut-être parce qu’on essaie justement pas tous les quatre matins d'invisibiliser leurs expertises ? ^^
Non, pas de gêne du tout. Je ne le rejette pas du tout. Ce que je critique en revanche, c’est la tendance depuis quelques temps à résumer le métier d’inté/de dev front à une maîtrise quasi exclusive de JavaScript, ainsi que celle qui consiste à dégainer du JS là où une quelques lignes de CSS pourraient suffire (sur ce point, je rejoins le commentaire de Nico ci-après).
Ce n’est qu’une techno parmi d’autres.
22 juillet 2015
Pour ma part, en réponse au tout-javascript, je pense que les compétences de l'inté restent indispensables, justement pour éviter d'utiliser JS pour faire des trucs qui se font en 2 lignes de CSS.
Notons qu'avec l'arrivée des animations/transitions CSS, ce métier devient de plus en plus marrant pour remplacer du JS pour les animations.
Encore récemment, j'ai lu un splendide tuto pour dimensionner des éléments en JS, belle technique, bonnes idées mais… toute cette usine se remplaçait en utilisant le positionnement tabulaire en CSS, autrement dit en 2 lignes de CSS. Je ne parle même pas des perfs et de la maintenabilité d'une solution pur-CSS, 100 fois meilleures que du JavaScript.
Sur la plupart des sites responsive que je conseille, beaucoup de recommandations que j'émets sont du style « laissez tomber le JS pour xxxxx, cela se fait en CSS ».
D'ailleurs, si l'on observe les cases studies qualitatifs : souvent les réussites viennent du fait que le JS n'est pas utilisé à tort et à travers.
En tout cas, ce qui avait été pressenti dans l'article sur Openweb « de l'integrateur au développeur front-end », les compétences de l'inté deviennent critiques. Je vois des choses inimaginables il y a 10 ans : sur le dernier projet sur lequel je suis intervenu pour le responsive, le back et le graphisme l'ont fermé et ont fait en fonction de mon inté. Il y a 10 ans, le graphiste aurait hurlé de respecter la maquette au pixel près et le back aurait massacré mon inté en me disant qu'ils s'en foutent.
Ce rééquilibrage est sain pour les sites et le métier :)
22 juillet 2015
Je suis plus développeur qu'intégrateur et je suis tout à fait pour le CSS quand c'est plus pertinent. Seul des gens un peu fermé ou pas assez qualifié font en "pure JS"...
De là à dire que "les compétences de l'inté deviennent critiques"... A un moment, il faut accepter de devenir développeur et d'élargir ses compétences: on voit aussi l'inverse où des gens s’obstinent avec du CSS à faire quelque chose qui se fera en quelques lignes de JS (accessible)...
22 juillet 2015
(Le post ne s'adressait pas à toi, j'ai vu ton post après avoir posté le mien)
J'utilise le terme intégrateur car on parlait de pure intégration, mais je l'ai plus ou moins banni, car ça ne reflète plus tout l'éventail de compétences du métier, je préfère comme Boris le terme de développeur front-end (ce aui n'empêche pas qu'il soit spécialisé : a11y, JS, etc.).
Quant aux compétences de l'inté, je parle de manière générale : les projets sans une bonne/forte compétence front souffrent beaucoup, j'en vois encore pas mal se casser les dents là-dessus. Typiquement, les agences de com' pour qui le responsive est une forme de magie et qui ne voient pas de problème sur un site à 7Mo sur mobile.
23 juillet 2015
C’est là qu’à mon avis tu te trompes : on n’a pas tous vocation ni l’envie de devenir dévs. Ce réflexe que tu as de dire : un inté va forcément devenir développeur, c’est ineluctable, c’est précisément contre ça que j’ai écrit mon billet. ^.^;
Les choses ne sont pas aussi binaires.
Élargir ses compétences, bien sûr. Devenir forcément dév, non.
D’ailleurs,l n’y a pas que les intés d’un côté et les dévs de l’autre. Certes il y a un paquet d’intés qui se spécialisent en JS ou qui montent en compétences pour devenir développeur, c’est chouette que ça soit possible ; de toute façon on sait bien qu’on ne fera pas le même métier toute notre vie.
Mais quid des intés qui se dirigent vers l’UX ? Vers le design ? Vers la gestion de projet ?
Quid de ceux qui changent complètement de voie ?
Quid des anciens devs/chefs de projets/designers qui montent en compétence sur le front, justement parce que l’inté justement les passionne ?
Être développeur n’est pas une fatalité ! Hihi :-D
23 juillet 2015
Salut Nico ! Merci pour tes commentaires !
Amen !
J’ai constaté ça aussi, et j’avoue que c’est assez amusant, surtout maintenant que je n’ai plus de compatibilité IE8 et moins à assurer.
Bien d’accord.
23 juillet 2015
Même avec des explications et des catégories d'integrateurs j'ai du mal a me ranger dans une case, les barrières sont très modulables ;)
On travaille en binôme : je suis graphiste/inté (ce que tu appelle intégrateur designer je pense, avec un profil plus créatif que technique, et je bosse avec un dev beckend qui gère tout ce qui est js, php.
C'est un binôme qui fonctionne bien, même s'il comporte des lacunes, justement parce qu'il manquerait un vrai front-end. Comme tu dis on ne peut pas tout maîtriser ;)
23 juillet 2015
Hello Lucie, merci pour ton commentaire !
C’est tout à fait normal ! Encore une fois, ce que je présente ici comme trois grandes tendances ne sont pas des « cases ». Mais, de ce que tu me dis, ton métier relèves davantage du design front que du développement front-end, par exemple.
Note que la tendance « inté-design / design-inté » n’est pas du tout une façon de parler des designers et graphistes sans compétences particulières en inté.
Je parle dans ce billet exclusivement des intégrateurs au sens très large, et du début de spécialisation que prend ce métier.
Non, et heureusement ! Les autres nous complètement (non seulement techniquement, intellectuellement mais aussi humainement), et le travail d’équipe est au cœur des métiers du web. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement, en fait. C’est vraiment très collectif comme milieu.
23 juillet 2015
Article intéressant, merci !
Les titres distinguent les profils et les divisent.
Quand on me demande ce que je fais comme métier, j'ai déjà répondu "intégrateur" ou "développeur front-end" ou même "informaticien" selon le contexte et de la personne en face si elle connaît, un peu ou non le monde de la production web. Très souvent les sourcils froncent et j'ai besoin de quelques phrases de descriptions pour entendre le petit "ah!".
Les 3 courants sont bien justifiés, mais ne peut-on pas appartenir à plusieurs courants, voir les 3 en même temps. Il y aura toujours un penchant plus fort vers un courant selon ses préférences ou contraint par rapport au travail attribué, mais doit-on prendre le risque de donner le sentiment de se ranger dans un courant et donc de se priver des 2 autres pour se justifier d'une appellation propre.
Nous vivons une période de transition où les techno / techniques fronts évoluent fortement et où les spécialisations se multiplient et avec plus de mal, ses appellations.
Nous vivrons peut-être bientôt la démocratisation de l'existence de plusieurs pôles front-end au sein d'une même entreprise.
23 juillet 2015
Hello, merci pour ton commentaire :)
Si, complètement, d'ailleurs je le dis dans mon billet.
Encore une fois, ce sont de grandes tendances aux contours floues, il n'y a pas à chercher à vouloir « se ranger » dans l'un ou l'autre. Tout est question de cheminement personnel, et d'envie, aussi.
J'ai fait émergé une tendance à la spécialisation vers le dev et une autre vers le design simplement pour illustrer que le métier d'inté est polymorphe, et qu'il se spécialise de plus en plus.
23 juillet 2015
Très bon article (comme c'est souvent le cas).
Comme tu le soulignes dans ton article, un intégrateur frontend n'a pas vocation à maitriser mongodb. Récemment, une agence m'a indiqué qu'on ne pouvait se prétendre intégrateur frontend si on ne maitrisait pas angular... On en revient à la béatification de Javascript.
Un inté doit certes connaitre les rudiments de javascript mais rien ne l'oblige à être un développeur javascript confirmé.
Après avoir lu de nombreux articles sur le sujet (Chistian Heilmann notamment, mais également celui-ci), je suis intimement convaincu que nous allons entrer dans une nouvelle organisation des métiers du web.
J'ai posté aujourd'hui un billet dans lequel j'explique que le métier de développeur full-stack va disparaitre inéluctablement. Les agences web ont de plus en plus tendance à externaliser de nombreuses tâches d'un projet. Il est très difficile pour un recruteur de trouver la personne qui sera "multi-tâches". Cela prends du temps et de fait ça coûte de l'argent. La fiabilité de ce futur développeur ne pourra être constante sur la diversité des tâches. De fait, les agences se tournent vers d'autres agences ou des freelances afin d'assurer des tâches très spécifiques par des gens compétents dans le domaine en question.
Il est donc naturel que la classification que tu effectues sur le frontend se généralise à l'ensemble des professions du web. Cette mutation était déjà palpable chez les développeurs backend (avec des experts symfony, des consultants oracle, ...). C'est désormais le front qui amorce ce changement.
Pour ma part, je suis convaincu que cette spécialisation va dans le bon sens pour un meilleur web !
24 juillet 2015
Merci Olivier ! On est en phase :)
La remarque sur Angular ne m'étonne pas du tout…
24 juillet 2015
Are you a mod or a rocker ?
https://www.youtube.com/watch?v=b-XxZtyM6Qk
:-)
30 juillet 2015
^.^
27 juillet 2015
Merci pour cet article qui fait du bien!
Je suis justement en recherche d'emploi en intégration-dev-front-end, (appelons ça comme on veut). Et je dois dire qu'il faut pas mal de santé mentale quand on aime ce métier et qu'on voit passer des annonces plus farfelues les unes que les autres.
Une chose est sure, le front-end est devenu un mot à la mode, et beaucoup de gens qui l'emploient ne savent pas vraiment à quoi ça correspond. Certains y voient du design, de l'ergonomie, d'autres osent y voir du PHP...
L'intégration est un métier formidable, mais un peu le c** entre deux chaises, et quand on s'engage là dedans, il faut assumer cette polyvalence et de toute façon la cultiver car c'est bien là tout l'intérêt. C'est ce qui en fait un poste clé, un peu le ciment dans une équipe de production web.
Mais il y a beaucoup trop d'abus en ce moment dans les fiches de poste, et j'espère bien que ça se tassera un peu avec le temps.
La montée de l'engouement pour le JS fait aussi énormément d'ombre aux bases de ce métier, l'HTML/CSS, l'accessibilité et l'ergonomie. Or, pratiquer le JS sans ces connaissances peut vraiment aboutir à des sites ou applications web instables. Et beaucoup utilisent les frameworks type Angular ou React en négligeant ces domaines, car ils se sentent protégés de tout dans ces écosystèmes. Certains commencent à les utiliser pour de sites web et c'est assez flippant.
Bref, j'en suis venue à la conclusion, qu'au lieu de se lamenter sur l'incompréhension du métier, c'est aussi à nous de faire comprendre aux autres notre vision et de la défendre.
Il ne faut pas essayer de se calquer sur des tendances, mais plutôt se considérer comme un profil à part entière avec ses sensibilités et spécialisations, qui peuvent être tout à fait différentes d'un intégrateur à l'autre.
30 juillet 2015
Salut Adeline ! Merci pour ton commentaire :)
Complètement ! C'est ce qui m'a motivée à retrousser mes manches pour écrire cette série de billets. Cette partie-là me tenait particulièrement à cœur, car ça fait environ deux ans que j'entends tout et n'importe quoi sur le développement front-end et l'intégration (au sens large), tout en voyant aussi beaucoup de choses très limites lors de certains développements.
En gros, c'est pas parce qu'on dit « développement front-end » que cela veut dire que c'est à la portée du premier développeur (back) venu. C'est en ça que le mot « développement » me gêne en fait, l'impression que c'est le saint graal (en tant qu'inté, je subis depuis des années les discours du genre « l'inté c'est facile »/« c'est pas du vrai dév ») alors qu'en fait ça sert souvent à justifier le fait que « n'importe qui » (sous-entendu : n'importe quel dév) peut toucher au front.
Bah non.
Du reste, après avoir laissé décanter tout ça, en avoir parlé et avoir encore lu pas mal d'articles sur le sujet, je reconnais que l'intégration au sens classique relève de plus en plus du développement : les préprocesseurs notamment ont forcé les intés comme moi à monter en compétence en matière d'abstraction et d'optimisation du code, d'utilisation de variables, de boucles, de templating de plus en plus dynamique (Handlebars, etc.), d'utilisation d'outils de type Grunt, de se mettre à Git et au shell, etc., à différents niveaux.
Donc clairement le métier de « fronteux/fronteuse » aujourd'hui a bien évolué depuis mes débuts. Il n'en reste pas moins que nos métiers ne se résument pas à des outils, et qu'il ne faut pas perdre de vue les bonnes pratiques, la qualité, l'accessibilité, l'UX, les perfs, et ali.
Ce sont des expertises qui s'acquièrent, donc j'ai bon espoir que les transfuges du back vers le front vont s'y initier et y prendre goût eux aussi, pour qu'on pousse encore plus loin la qualité de nos productions, tous ensemble.
Je vois le web comme un travail de groupe, je trouve que c'est une bonne chose si les métiers du front se diversifient et s'enrichissent de profils issus d'horizons différents. Je suis sûre que ça va donner naissance à de grandes choses. En attendant, il faut cadrer un peu tout ça pour éviter que ça ne parte dans tous les sens.
Tu m'ôtes les mots de la bouche ! :)
25 août 2015
Merci pour cette article... Et pour ce dernier commentaire ! Car à force d'avoir des entretiens où on sais pas où caser mon profil, je fini par croire que je viens d'une autre planète ;-)... Ça me rassure :-) enfin...
Dans les annonces, trop de termes pompeux et marketing sur des technos qui seront obsolètes aux bouts de quelques mois... Qui maîtrise un ou plusieurs langages va très rapidement en apprendre un autre et le prendre en main, pourtant c'est le langage qui est toujours mis en avant plutôt que l'aptitude, la créativité et les compétences de la personne...
Ceux qui rédigent les annonces connaissent rarement les spécificités du métier surtout les SSII... Ça devient vraiment n'importe quoi en ce moment ;-).
28 août 2015
Je suis d'accord avec toi. C'est pour ça qu'il me semble important de « résister » en publiant ce qu'on en pense, en proposant des alternatives, et plus largement en sensibilisant qui ça intéresse au problème.
Merci pour ton commentaire :)